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juridique
Art. 577-4 C.civ.

Le règlement de copropriété en Belgique : structure, contenu obligatoire et modification

Acte de base vs règlement de copropriété

En droit belge, la copropriété repose sur deux documents juridiques fondamentaux, souvent réunis dans un même acte notarié mais juridiquement distincts :

L'acte de base (Art. 577-3 C.civ.) décrit :

  • La division physique de l'immeuble en lots (parties privatives et communes)
  • Les quotités (tantièmes) attribuées à chaque lot
  • La description des parties communes et privatives

Le règlement de copropriété (Art. 577-4 C.civ.) fixe :

  • Les droits et obligations de chaque copropriétaire
  • Les règles de fonctionnement de l'AG
  • Les modalités de nomination et de révocation du syndic
  • Les règles de répartition des charges
  • Les règles d'utilisation des parties communes

Les deux documents sont notariés et transcrits au bureau de sécurité juridique (anciennement conservation des hypothèques). Ils sont opposables à tout acquéreur futur.

Contenu obligatoire du règlement

L'article 577-4 C.civ. impose un contenu minimal :

  1. Description des droits et obligations de chaque copropriétaire concernant les parties communes et privatives
  2. Critères de répartition des charges : charges générales (selon les tantièmes) et charges spéciales (selon l'utilité)
  3. Règles de convocation et de fonctionnement de l'assemblée générale
  4. Modalités de nomination du syndic, durée du mandat, conditions de révocation
  5. Règles relatives au fonds de réserve et au fonds de roulement
  6. Mode de calcul des majorités de vote

Le règlement peut également contenir des dispositions sur l'usage des parties communes (heures de silence, animaux, stationnement), mais ces règles sont souvent détaillées dans le règlement d'ordre intérieur (ROI).

Règlement d'ordre intérieur (ROI)

Le ROI est un document distinct, de niveau inférieur au règlement de copropriété. Ses caractéristiques :

  • Adoption : majorité simple en AG (pas d'acte notarié)
  • Contenu : règles de vie quotidienne (bruit, déchets, animaux, utilisation des espaces communs, règles de stationnement)
  • Modification : majorité simple en AG
  • Hiérarchie : ne peut contredire le règlement de copropriété ni le Code civil

En pratique, le ROI est l'outil le plus souple pour adapter les règles de vie commune sans engager les frais d'un acte notarié.

Comment modifier le règlement de copropriété ?

La modification du règlement de copropriété est une procédure lourde :

  1. Initiative : le syndic, le conseil de copropriété ou un copropriétaire inscrit le point à l'ordre du jour de l'AG
  2. Vote : majorité de 4/5 des voix présentes ou représentées (Art. 577-6 §11 C.civ.)
  3. Acte notarié : un notaire rédige l'acte de modification
  4. Transcription : l'acte est transcrit au bureau de sécurité juridique
  5. Coût : honoraires de notaire (typiquement 500 à 2 000 €) + frais de transcription

Pour la modification de l'acte de base (changement de tantièmes, redéfinition des lots), la procédure est identique mais la majorité de 4/5 est encore plus difficile à atteindre en pratique.

Que faire si le règlement est obsolète ?

De nombreux immeubles belges fonctionnent avec des règlements antérieurs à la réforme de 2010 (loi du 2 juin 2010). Ces règlements restent valides mais peuvent contenir des clauses devenues illégales ou incomplètes :

  • Absence de référence au fonds de réserve obligatoire
  • Règles de majorité non conformes au Code civil actuel
  • Absence de dispositions sur la convocation électronique
  • Clauses discriminatoires (interdiction de location, restrictions d'usage dépassées)

Hiérarchie juridique : le Code civil prévaut toujours sur le règlement de copropriété. Une clause du règlement contraire à la loi est réputée non écrite.

Il est recommandé de procéder à une mise à jour globale du règlement tous les 10 à 15 ans, notamment après une réforme législative majeure. Le coût de la mise à jour est une charge commune de la copropriété.

Pour contester une clause du règlement, un copropriétaire peut saisir le juge de paix.


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